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Editorial
dimanche 29 juin 2008
L'Europe, notre avenir par Jeanne Emmanuelle Hutin

L'Europe, c'est notre avenir. Et cela malgré l'état général de l'opinion publique (voir ci-dessus). En effet, ce sondage montre que les jeunes, de 18 à 24 ans, sont nettement en tête pour considérer la construction européenne, comme une source d'espoir : 38,6 %. De 25 à 49 ans, ils ne sont plus que 24,4 % ! Ce décalage net montre bien que quelque chose de nouveau est en train de naître dans l'opinion des jeunes générations. Il démontre aussi que l'Europe est un projet d'avenir qu'il faut expliquer inlassablement.

Pourquoi 43,6 % des ouvriers perçoivent-ils la construction Européenne comme une source de crainte ? Pourquoi plus d'un tiers des employés, des inactifs et des retraités la redoutent-ils ? Ces craintes ne manifestent-elles pas leur incompréhension ? Les Français, à qui l'on ne cesse de répéter que la France est une grande puissance, sont-ils assez conscients des évolutions récentes ?

Le rôle de l'éducation avant le brevet des collèges est essentiel, surtout pour ceux qui quittent l'enseignement général tôt. Car si, à ce moment là, ils n'ont pas les clés pour comprendre l'évolution du monde, y situer la France et l'Europe, où donc les trouveront-ils ? Si rien n'est fait dans ce sens, les propagandes politiciennes et les vendeurs de peur auront de beaux jours devant eux !

Les Institutions Européennes devraient s'interroger sur leur manière de communiquer vers le grand public. Ceux qui ont une solide formation, trouvent les informations qu'ils recherchent. Mais il faut aussi penser à tous les autres. Et, pour ceux-là, ne pas négliger les actions menées au plus près des gens, dans leurs communes, leurs écoles, leurs quartiers. Le travail de terrain est actuellement laissé au bon-vouloir des communes, départements et autres collectivités territoriales. Or, ils ne considèrent pas l'Europe comme une priorité, car les élections se jouent sur d'autres sujets ! Il faut investir sans attendre dans la formation des citoyens pour que demain, ils se sentent Européens.

Si les actions de proximité étaient dignement soutenues et la citoyenneté européenne enseignée avant le brevet, alors les Français retrouveraient confiance. Surtout, ils découvriraient le vrai visage de l'Europe, celui de l'amitié entre nos peuples.

Les jeunes en témoignent encore. Ce soir, après 1800 km à vélo, cinq étudiants Lillois arrivent à Olympie, berceau de la Démocratie. Ils manifestent la solidarité de milliers de citoyens ayant participé à l'opération « un arbre pour la Grèce » : 5500 arbres seront plantés sur les collines dévastées, l'été dernier, par un terrible incendie. Cette fraternité, que les Européens expriment dès qu'ils en ont l'occasion, n'est-elle pas le coeur de l'Europe ?